Accueil > Sous les pavés.. > Les éducateurs de la pénitentiaire en résistance depuis un mois.. Dans (...)

Les éducateurs de la pénitentiaire en résistance depuis un mois.. Dans l’indifférence générale !..

mercredi 4 juin 2008, par Tof

MOBILISATION DES TRAVAILLEURS SOCIAUX DE L’ADMINISTRATION PENITENTIARE

La Direction de l’Administration Pénitentiaire a présenté, fin mars, aux organisations syndicales représentatives de la filière insertion et probation, un projet de réforme statutaire qui provoque aujourd’hui insatisfaction et incompréhension chez les personnels d’insertion et de probation.

Ces personnels exercent au sein des Services Pénitentiaires d’Insertion et de Probation ( S.P.I.P) Ils contribuent, quotidiennement par le suivi et le contrôle des personnes condamnées, par l’aide à la prise de décision des Juges de l’Application des Peines, à la réinsertion des personnes placées sous main de justice et à la prévention de la récidive.
Cette mission clé, affichée comme une priorité par la Chancellerie, exige une technicité et une expertise qui ne sont absolument pas prises en compte dans ce projet de réforme.

Les personnels, privés du droit de grève, et muselés par un statut spécial ont décidé, lors de réunions syndicales régionales qui se sont tenus le 29 avril, d’exprimer leur désapprobation et leur mécontentement par différentes actions (pétition, courriers aux élus, actions locales...).
Ils dénoncent une absence de reconnaissance au sein de l’Administration Pénitentiaire, une invisibilité médiatique quasi-totale et une absence de revalorisation indiciaire depuis 1977, les travailleurs sociaux de l’Administration Pénitentiaire expriment leur colère depuis le 29 avril.

N’ayant pas le droit de gréve , les 3000 travailleurs sociaux de l’administration pénitentiaire (conseiller d’insertion et de probation, assistant(e)s sociales et éducateurs spécialisés) prennent le risque de sanctions administratives allant de la retenue sur salaire à la mise à pied.
Au coeur de tous le processus des aménagements de peine (libération conditionnelle, bracelet électronique...), ces personnels d’insertion et de probation constituent une aide à la décision judiciaire auprès des juges d’Application des Peines, accompagnent les personnes placées sous main de justice dans leurs démarches de réinsertion (au sein des prisons comme à l’extérieur) et contrôlent les obligations (de soins, de rembourser les parties civiles...) accompagnant chaque mesure de justice.

Suite à une nouvelle marque de mépris de la part de l’administration Pénitentiaire ; revalorisant pour la 3ème fois en 5 ans leur personnel d’encadrement et les oubliant ; les travailleurs sociaux des S.P.I.P ont décidé, à la quasi unanimité et au-delà des considérations syndicales, d’exercer leurs missions à minima et dans le respect strict des textes.Seuls les cas d’extrême urgence sont traités et leur rapports et avis sont succincts.
Depuis 10 ans le personnel de terrain a du s’adapter à des évolutions législatives majeures (juridictionnalisation de l’application des peines en 2000 et en 2004, peines planchers, rétention de sûreté) et à de nouvelles mesures (placement sous surveillance électronique fixe en 1997 et mobile en 2007). Les missions se complexifient, la charge de travail augmente sans aucune considération de l’Administration Pénitentiaire (un travailleur social pour 120 personnes en moyenne) et aucune évolution de carrière pour tout travailleur social.

Depuis 4 semaines la mobilisation est devenue quasi-totale sur le plan nationale au gré des sanctions disciplinaires s’abattant sur les personnels de certains services dirigé par un personnel d’encadrement aux ordres de l’administration centrales par le jeu des primes d’objectifs
Peu médiatisé ce mouvement est d’une ampleur jamais vue dans ce petit corps de la fonction publique discret privé de toute expression par le statut spécial et le devoir de réserve et qui concours au quotidien au sein de du système carcéral et judiciaire à la lutte contre la récidive et la sécurité priorité ô combien affichée par le Président de la République et le gouvernement.

A ce jour différents quelques articles ont évoqués ce conflit social dans la presse régionale dans l’Humanité dans le Canard Enchainé.
Ce mouvement a reçu le soutien du syndicat de la magistrature de l’ordre des avocats et des pétitions timides ont été signés par trop peu de leur propres personnels d’encadrement.

Une manifestation nationale se tiendra le 05.06.2008 a14 h à Paris de la Direction de l’administration pénitentiaire Rue du Renard au Ministère de la Justice Place Vendôme

PDF - 1.5 Mo
revues de presse 1

...................................................................................................................

Messages

  • Vous avez bien raison camarades de rentrer en résistance ! Tous les secteurs du public se prennent une claque. Il est grand temps que nous n’acceptions plus cette maltraitance flagrante de nos gouvernants..

    Ton secteur d’activité me rappelle le mien.. C’est juste pire de jours en jours, surcharge de travail, non reconnaissance de nos compétences et responsabilités professionnelles, muselage par un droit de grève bafoué et j’en passe..

    En lutte camarades !!

  • Mouvement des travailleurs sociaux pénitentiaire suite]
    (5 semaines de mobilisation …)

    Jeudi 05 juin 2008 PARIS :

    Dans l’indifférence médiatique quasi générale (merci libé le monde le parisien pour l’article et Fr3 pour la petite minute) près de 1000 travailleurs sociaux de l’administration pénitentiaires ont défilés à Paris en direction du ministère de la justice (historique ! Nous sommes 2600 agents)

    A ce jour la totalité des SPIP sont mobilisés

    Devant l’accueil et le mépris qui nous a été réservé à Paris lors de cette manifestation nationale (15 cars de CRS ; grilles anti-émeutes en travers de la rue , interdiction d’approcher de notre propre ministère malgré nos cartes professionnelles.... , aucune organisation professionnelle reçue à l’issue de la manifestation ....)

    Compte tenu des 1/30 et des sanctions disciplinaires qui tombent .... dans les services

    Le mouvement devrait se poursuivre ..... et fatalement se durcir .......

    L’administration pénitentiaire, le ministère de la justice
    par son silence ; son mépris ; son refus du dialogue social
    provoque et ignore un corps professionnel tout entier
    qui assure pourtant avec loyauté ; professionnalisme et conscience les missions toujours plus nombreuses qui lui sont confiées ; dans le cadre de
    la lutte contre la récidive, priorité gouvernementale ?

    Lettre ouverte

    Mme DATI, Garde des sceaux Ministre de la Justice

    M. D’HARCOURT, Directeur de l’administration Pénitentiaire,

    Vous savez que les organisations syndicales sont assurément représentatives lorsque la revendication est portée par la totalité d’un corps professionnel !
    Vous été informé du soutien exprimé a ce mouvement par l’ordre des avocats par le syndicat de la magistrature et par d’autres catégories professionnelles ( personnels de direction de surveillance encadrement S.P.I.P)
    Vous ne pouvez ignorer le travail réalisé par les Personnels d’Insertion et de Probation aux contacts des personnes placées sous main de justice.
    Vous ne pouvez que reconnaître notre sens aigu du service public de la justice notre dévouement dans l’exercice de nos missions

    Depuis des années , vous et vos prédécesseurs nous ont confié l’empilation des politiques pénales successives ( Perben 1 et 2 , surveillance et suivi socio judiciaire , bracelet électronique et bientôt mobile ; développement des alternatives à l’incarcération , programme de prévention de la récidive ; Parallèlement nos prisons battent des records de fréquentations tout comme le nombre personnes accompagnés et contrôlés en milieu ouvert par nos services (+ de 170.000 personnes )

    Aujourd’hui , de manière ferme et légitime, fière et responsable ; nous revendiquons :

    • une reconnaissance des spécificités de notre métier , de nos différends champs d’intervention , de nos compétences …

    • une évolution statutaire et indemnitaire en rapport aux évolutions de nos missions , de sa technicité , de sa responsabilité …

    • des conditions de travail décentes en terme de ressources humaines, de secrétariat de locaux , de formation initiale et continue …

    et vous demandons Mme le Garde sceaux, M. le Directeur un signal fort et l’ouverture rapide du dialogue social sur la situation des personnels d’insertion et de probation.

Un message, un commentaire ?

Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

Connexions’inscriremot de passe oublié ?